Samedi dernier j’ai couru mon premier trail: l’Ecotrail 30 km de Paris.
Magnifique expérience même si j’ai pas mal souffert 😅
Pourquoi me suis je lancée dans cette aventure? parce que cette année, je donne priorités à la découverte et au plaisir. Ce sont les priorités que je me suis définie lors de mon bilan. (tu peux retrouver le template ici, il n’est jamais trop tard pour faire le tien!)
J’avais beaucoup hésité à m’inscrire parce que les copines ne me suivaient pas dans cette aventure cette fois-ci. Et finalement, j’ai poussé ce projet à terme. Merci à Zineb de m’avoir aidée à me décider 😊
J’ai tellement aimé cette course que l’année prochaine je prévois de revenir, peut-être sur la version 45 kms!
L’Ecotrail c’est quoi?
C’est THE événement trail de Paris.
Plusieurs distances sont possibles:
- la mythique 80km qui finit au 1er étage de la Tour Eiffel
- 45 km, départ du Château de Versailles, arrivée pied de la Tour Eiffel
- 30 km, départ de l’Observatoire de Meudon, arrivée pied de la Tour Eiffel
- 18 km, départ de l’Observatoire de Meudon, arrivée Domaine de St Cloud
- 10 km, Domaine de St Cloud

La course se veut eco-friendly: encouragement des transports en commun et covoiturage pour se rendre sur les lieux des courses, course en auto-suffisance sur la majeure partie du parcours, un ravito sans bouteille d’eau (prévoir son gobelet pour se servir aux bidons directement), produits locaux aux ravitos, pas de médaille, pas de tee-shirt de finisher. Ces deux derniers points ont tout de même généré des frustrations chez beaucoup de coureurs. Même si je soutiens la démarche, j’ai quand même la sensation de repartir les mains vides, sans souvenir. Ce qui est dommage sur une course de cette dimension.
Ma prépa
Mon état d’esprit, c’était d’y aller sans pression, plaisir et découverte comme je t’ai dit!
Mais 30 kms ca s’improvise pas, j’ai suivi rigoureusement la prépa Decat Coach: Trail entre 21 et 42 kms, 3 sorties par semaine sur 8 semaines
- 1 sortie footing parcours vallonné
- 1 sortie footing avec des portions rapides
- 1 sortie longue, voire trèèèès longue
A cela je rajoutais 3 séances de renforcement musculaire.
Avec ça j’espérais ne pas trop subir le jour J.







Je ne voulais pas de pression sur le chrono, donc j’y suis allée absolument au feeling.
Avec le fait d’y aller cool, bah j’ai complètement zappé tout mon protocole habituel de la semaine avant course:
- régime scandinave out!
- hydratation négligée
- préparation des pieds (pédicure, hydratation) complètement oubliée
On verra que cela m’a porté préjudice!
La course
Le départ
Le départ du 30 kms est donné à l’Observatoire de Meudon. Je t’épargne les galères pour y aller et l’anecdote du contrôleur de train qui voulait me verbaliser 50€!
J’arrive sur les lieux du départ, soleil magnifique, belle esplanade. Camelbacks, chaussures de trails, il n’y a pas de doute je suis bien sur le départ d’un trail.

Bonne surprise, c’est Steve l’ambianceur qui donne le départ et met le feu dans le SAS!
3 – 2 – 1 – C’est parti! Petit chemin caillouteux pour commencer « Ah lala, c’est pas mon terrain de jeu! » je dis à Loïc, un pote running. Il est mdr🤣
On arrive très vite dans les chemins de forêt, je ne suis pas à l’aise. Il y a un groupe de personnes devant moi, j’ai pas de visibilité sur les obstacles, j’ai peur de me casser la figure. Et oui, à la base je ne suis pas une traileuse! D’habitude c’est le bitume, la musique et je me concentre sur l’effort pour tenir une allure constante. Là c’est pas pareil, du tout! Le groupe finit par s’étendre, je suis plus à l’aise car je peux anticiper, trous, racines, boue, troncs et autres surprises.
3ème km:
je me tords la cheville, ça commence bien, statistiquement je calcule que sur 30 kms, je vais me tordre la cheville 10 fois! En fait ce sera 4 au final mais par bonheur rien de méchant!
4ème km:
première descente, je ralentis et choisis même l’escalier pendant que tous les traileurs se lachent dans la descente! Et bam, un coureur qui se ramasse dans la pente, ok ça me conforte sur le fait de jouer la sécurité
6ème km:
je commence à sentir une première ampoule, c’est ce que j’appréhendais. Pour l’instant elle ne me fait pas mal, j’essaie de ne pas trop y penser.
Jusqu’au 20ème km,
le parcours est assez varié, je prends du plaisir à découvrir le trail. D’ailleurs pour la première fois, je décide de courir sans musique et de vivre cette expérience en pleine conscience et en connection avec mon environnement. Des descentes et des côtes à répétition. Je suis toujours admirative de ces traileurs qui dévalent les descentes à toute vitesse et suis aussi très étonnée de voir beaucoup de personnes marcher. Je me pose beaucoup de questions. Est ce que c’est normal en trail de marcher? A priori oui, il s’agit de la gestion de l’effort. En côte, il est parfois préférable de marcher et garder son énergie, plutôt que s’épuiser. Alors souvent j’ai marché aussi moi qui ne m’arrête jamais en course à pieds. Quelques côtes étaient bien raides, je n’ai vraiment pas l’habitude de grimper et ça se voyait. J’ai eu un doux souvenir des dunes de Dakhla 😂
Sur le parcours, j’étais surprise aussi de traverser des villes et passer par des quartiers résidentiels au milieu des maisons. On a même dû s’arrêter à un feu et attendre qu’il passe au vert pour passer. Heureusement que je ne jouais pas le chrono!
Finalement ces 20 premiers kilomètres se passent plutôt bien. Je sens que j’ai de la réserve. Les ampoules se sont formées. J’ai mal aux pieds, je n’y pense pas sauf quand je cours sur des pavés😭
20ème km:
je l’attendais! non pas pour le ravito, mais pour moi ça marque la fin du trail et le début de la course à pieds et du bitume, mon terrain de jeu habituel. Mais je profite quand même du ravito, chose que je ne fais jamais sur une course sur route. Je sors mon ptit gobelet, je bois beaucoup d’eau, cela me vaudra des maux de ventre. Je mange 2 quartiers d’orange. Puis je repars.
Les 10 derniers kms
Ouille!! Mes ampoules se sont réveillées, l’horreur! J’hésite à m’arrêter au stand du podologue mais je ne veux pas faire un chrono dégueulasse non plus!! et j’avais peur de ne plus être capable de repartir alors je continue ma route. Là commence une descente (aux enfers?) pour retrouver les quais de Seine.
Mais c’est quoi cette douleur à la cuisse? Une crampe? Je crois bien que c’est une crampe… c’est chaud! Je ne me suis pas assez hydratée? J’ai mal au ventre, hors de question de boire à nouveau. J’attends de voir comment ça évolue. J’arrive en bas de cette descente, ma belle Salima m’attend! A défaut de faire le trail entièrement, Salima ma copine de mes débuts en running, est venue m’accompagner sur le dernier tiers de mon trail. Elle m’aura boostée sur tout ce tronçon extrêmement difficile.
Elle me voit boiter, elle me propose un massage, je lui dis que je préfère en finir vite, on continue. Je donnerai plusieurs coups de poing dans la cuisse sur tout le reste du parcours pour détendre le muscle.
Finalement ces 10 derniers kms sur lesquels je pensais être à l’aise, gagner en vitesse étaient les pires de toute la course, à cause des douleurs et aussi parce que courir avec des chaussures de trail cramponnées sur le bitume, bah c’est très bof! Le parcours nous fait passer par des chemins improbables. On court parmi les parisiens et les touristes. Bizarre quand on est habituée à ce que la route soit fermée en course officielle. On passe par les quais, les parcs, sous les ponts et des petits trottoirs. Avec Salima, on a décidé de s’ambiancer. On rigole, on encourage tous les coureurs qui marchent, et ils sont très nombreux! On réussit à donner le sourire et à en remotiver certains. Parmi les coureurs, les premiers 45 kms sont déjà là. Ils ont l’air frais et ont une foulée légère, je suis jalouse!







Les kms défilent, on arrive sur la fin. Cette tour Eiffel est de plus en plus proche. Mes pieds sont en feu, ma cuisse droite n’en peut plus. Je repense à ma prépa, à tous ces efforts, à mes sorties de nuit, à mes enfants qui attendent la médaille. Beaucoup d’émotions me remuent intérieurement.
Je n’ai jamais couru aussi lentement mais je m’en fiche.
Je vois l’arche d’arrivée, c’est la délivrance!
Résultat: 3h28, ce chrono n’a pas vraiment de sens pour cette 1ère, même si je sais que j’étais capable de mieux.
Cependant le sentiment général reste avant tout une grande fierté d’avoir été au bout de cette course et l’envie de revenir en 2023!




Ce que je ferai différemment pour l’Ecotrail 2023
La prépa
La technique trail m’a clairement fait défaut samedi dernier. J’ai en effet très peu couru en forêt pendant ma prépa. L’essentiel de mon entraînement s’est fait sur des petits chemins. Pour gagner en aisance, très clairement je courrai 80% de mes sorties en forêt. J’irai chercher des terrains compliqués et beaucoup de dénivellé.
Les chaussures
A vrai dire je ne me suis pas posée beaucoup de questions sur les chaussures. J’ai repris celles que j’avais achetées pour la Sahraouiya (Salomon Alkalin) l’année dernière sans me demander si elles étaient adaptées à la longue distance ou aux 10 kms de bitume. Pour la partie trail, ça l’a plutôt bien fait mais sur le macadame, c’était une horreur. Pareil, je ne les avais pas testées sur très longue distance, la plupart de ma prépa était faite avec mes runnings 🤦♀️
L’alimentation
Je me collerai à mon protocole « semaine d’avant course » :
- Régime scandinave dissocié
- 2 litres d’eau par jour
- préparation des pieds: coupe les ongles et crème Nok tous les jours!
Pour conclure,
Je dirais que l’Ecotrail est une course exigeante. Cela implique de s’y préparer sérieusement. A la clé, du plaisir, de la fierté et une vraie découverte que j’ai envie de pousser à l’avenir.
As tu couru l’Ecotrail? Partages tu la même expérience?
N’hésites pas à me faire part de tes remarques, avis, ton rapport au trail,… bref dis moi tout en bas.
Bises!
